Miryäna Chelath

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Message  Miryäna Chelath le Lun 30 Nov - 15:28

[center][img]https://i.servimg.com/u/f99/14/59/61/82/what_y11.jpg[/img][/center]

[color:eab3=orange][size=18][center]_- Nom public du Personnage -_[/center][/size][/color]

[color:eab3=brown][b]Nom :[/b][/color] Chelath

[color:eab3=brown][b]Prénom :[/b][/color] Miryäna

[color:eab3=brown][b]Surnom :[/b][/color] Ana, ou même Miry, mais personne, à part ses parents, n’aurait osé la côtoyer assez pour avoir envie de lui donner un surnom.

[color:eab3=brown][b]Age :[/b][/color] 20 ans

[color:eab3=brown][b]Origine :[/b][/color] Un des nombreux petits villages d'Ehn'Kilath

[color:eab3=brown][b]Rang/Statut/Métier :[/b][/color] Aucun rang particulier aux dernières nouvelles, Artisane : Herboriste


[color:eab3=orange][size=18][center]_- Apparence et allure -_[/center][/size][/color]

Le soir tombe. Accoudée à la barrière d'un des niveaux supérieurs de la ville, vous apparaît une créature fantomatique. En vous approchant un peu plus près, vous vous rende compte qu'il ne s'agit que d'une jeune femme d'environ une vingtaine d'années.

Ses cheveux, d'un blond si clair qu'il vous semble blanc, tombent en vaguelettes ondulées jusqu'au milieu de son dos. Sa peau laiteuse semble veloutée à la lueur crépusculaire. Tournant le regard vers vous, elle révèle un visage angélique et harmonieux, aux courbes douces. Dans ses yeux d'un bleu assez singulier semblent dormir une tristesse sourde ainsi qu'une sorte d'absence constante.

La cape bleu nuit parcourues d'arabesques de la même couleur révèle une silhouette fine lorsqu'un coup de vent écarte ses pans. La robe bleutée qu'elle porte épouse ses formes, agréables sans être exagérées. La ceinture argentée ceignant ses hanches ne fait qu'ajouter à la grâce fragile que vous observez chez elle.

Alors qu'elle détourne le regard, vous ne pouvez vous empêcher de ressentir une drôle d'impression. Comme si une sorte d'aura un peu inhabituelle l'entourait. Peu à peu vous parvenez à poser le doigt sur cette singularité. Belle, elle l'est. Étrange et mystérieuse, tout autant.


[color:eab3=orange][size=18][center]_- Mentalité et moralité -_[/center][/size][/color]

Empathique depuis sa naissance, Miryäna est une jeune femme assez réservée. Elle se garde de trop se lier avec les autres, moins pour les protéger que pour se protéger elle-même. Blessée profondément par l'attitude de sa mère alors qu'elle n'était qu'une enfant, elle ne porte qu'une confiance vacillante à ses proches, même les plus fidèles. Et, comme si un don ne pouvait être octroyé sans désavantages, elle porte en secret une sorte de honte maladive de ses pouvoirs ; encore une fois due à l'attitude maternelle à chaque fois que ses yeux se posaient sur sa fille.

Miryäna est atteinte du mal sacré (aussi appelé épilepsie). Ce n'est pas une des formes les plus virulentes de cette maladie, aussi elle passe assez inaperçue chez les gens qui ne côtoient pas la jeune femme régulièrement. Les crises se traduisent généralement par des hallucinations visuelles, auditives ou sensorielles, des pertes de conscience, ou même des convulsions. Ainsi ne vous étonnez pas de la voir éviter les bruits capables de vous donner la migraine, l'alcool, et les nuits blanches, sans parler des situations où elle pourrait se retrouver en panique intense.

Malgré sa réserve, cette jeune femme est plutôt vive d'esprit. Être venue habiter dans la cité des Lumières fut une aubaine pour elle, en ce sens qu'elle put avoir accès à une éducation qu'elle n'aurait pas reçue en Ehn'Kilath. Vive d'esprit, et relativement spirituelle, c'est une croyante à la foi puissante et à l'intellect affuté.

Pour résumer, Miryäna est une jeune femme calme et agréable, d'une intelligence vive sans être un génie, et même souriante quelques fois. Mais une tristesse et une humilité exagérée seront généralement présentes dans son attitude. Elle paraîtra lointaine, difficile à atteindre, bien qu'elle se trouve littéralement à deux pas, en réalité.


[color:eab3=orange][size=18][center]_- Ce qui le/la caractérise -_[/center][/size][/color]

[color:eab3=brown][b]Don :[/b][/color] Empathie (premier pallier entièrement maîtrisé)

[color:eab3=brown][b]Attributs :[/b][/color] [list](***) Révélation Divine : [size=9]comme dit plus haut, Miryäna est empathe depuis sa naissance. Elle peut ressentir les émotions des gens autour d'elle sans même lever le petit doigt. Il lui est également possible de se couper volontairement de ce pouvoir si cela devient trop douloureux. Pour finir, si elle ne se contrôle pas assez, elle est capable de projeter ses émotions autour d'elle ; une personne un peu trop proche pourra donc les ressentir, sans toutefois les identifier comme siennes.[/size]

(*) Attraction : [size=9]Miryäna est une belle jeune femme. Son teint et ses cheveux clairs, ses yeux bleus et son corps de jeune femme forment un tout qui peut la rendre très attirante aux yeux des gens. Elle possède aussi une sorte de mélancolie permanente qui reste accrochée à elle, rendant ses mouvements relativement gracieux.[/size][/list]

[color:eab3=brown][b]Faiblesses :[/b][/color] [list](***) Mise à prix : [size=9]née en Ehn'Kilath, elle était destinée à servir l'Oracle et les Deux. Mais une fois arrivée dans le temple, elle est parvenue à s'enfuir. L'Oracle a fait mettre sa tête à prix pour qu'on la lui ramène vivante, et qu'elle puisse être intégrée aux serviteurs des Deux. [/size]

(*) Vacillante : [size=9]Miryäna est atteinte d'une version édulcorée du mal sacré. Cela occasionne, dans certaines circonstances, des convulsions, des hallucinations, ou même un évanouissement. Après une crise, elle est extrêmement faible et doit se reposer au moins une journée entière.[/size][/list]


[color:eab3=orange][size=18][center]_- Des précisions à faire? -_[/center][/size][/color]

[color:eab3=brown][b]Divers :[/b][/color] Miryäna est au service de Laurentius Lamberski depuis environ une dizaine d'années. Il est aussi son professeur et à veillé à son éducation physique et psychique.

[color:eab3=brown][b]Que vous reste-t-il à dire? :[/b][/color] [i][color:eab3=cyan]Crois-tu vraiment que les Deux t'aient oubliée?[/color][/i]


Dernière édition par Miryäna Chelath le Mar 29 Déc - 19:47, édité 3 fois
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Message  Miryäna Chelath le Sam 5 Déc - 18:56

[color:375d=orange][size=18][center]_- Biographie -_[/center][/size][/color]

Ce jour-là, le vent originaire de l'océan chantait dans les combes rocheuses, tant il était puissant. Les vagues, couleur d'acier, s'écrasaient avec fracas sur les rivages et les falaises. Dans la lande surplombant l’océan, parcourue par les vents houleux, entouré par des champs verdoyants et des petits bosquets d'arbres, était sis un petit village.
Si l'on regardait en direction de l'Est, après un gigantesque bras de forêt couleur vert sombre, on pouvait apercevoir sans mal le Temple d’Ehn’Kilath, imposante masse d’obsidienne entourée par l’océan et des terres mortes. La noirceur et la terreur inspirées par l'Autel des Deux, si proche, pouvait se sentir rien qu'en posant le yeux sur la sinistre ville.

Dans les rues froides et misérables du petit village agricole, une vieille femme courait aussi vite que ses vieux membres le lui permettaient. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle eut atteint une minuscule échoppe, engoncée entre deux bâtisses. Une odeur entêtante de plantes émanait de l'endroit en permanence, mais en cet après-midi, le vent faisait fuir les senteurs apaisantes vers l'intérieur des terres.
Un homme aux cheveux noirs de jais était assis dans un coin de la petite pièce lorsque la porte s'ouvrit en grand, faisant entrer un courant d'air glacial. L'herboriste leva les yeux vers l'intruse, une lueur inquiète dans le regard. Le froid semblait mordant, à voir les joues et le nez rosi de la vielle femme. L'homme tenait encore des touffes de plantes, probablement nécessaires à une préparation quelconque, et un pilon.

[list]- Mère ? Que se passe-t-il ? Demanda-t-il d'une voix posée.[/list]Dans sa voix, on sentait l'habitude de résoudre les problèmes des gens. Dans un aussi petit village, le métier d'herboriste amenait immanquablement à faire office de médecin, de sage-femme, de psychologue, mais aussi de conseiller et de forestier. Cet homme était à n'en pas douter l'un de ceux qui avaient le plus d'importance aux yeux des villageois.

[list]- La ..., la ..., haleta la vieille femme avant de déglutir pour retrouver sa voix. Elle a vendu la petite ! Lâcha-t-elle.

- Quoi ?[/list]Cette fois, ce fut de la rage non dissimulée, plus que de l'étonnement, qui perça dans sa voix. L'homme se leva, repoussant tout ce qui aurait pu entraver son mouvement, et remercia sa mère d'un signe de tête empressé, avant de sortir en courant. Il parcourut le village sur toute sa longueur avant d'arriver à une maisonnette un peu excentrée, à l’air un petit peu moins misérable que les autres ; il en ouvrit la porte sans aucune douceur et entra, furieux.
Au milieu de la pièce adjacente, se trouvait une jeune femme aux cheveux aussi noirs que ceux de l’enfant avec qui elle jouait. Le bambin d'à peine trois ans riait à gorge déployée alors que sa mère faisait mine de le poursuivre pour le manger et se mettait à le chatouiller impitoyablement lorsqu’elle l’attrapait.

[list]- Selya, fit l’herboriste à voix mi-basse. [/list]La jeune femme s’arrêta net. La voix de son mari contenait tellement d’autorité et de reproches non dissimulés, qu’elle en frissonna. Il ne la quitta pas du regard jusqu’à ce qu’elle daigne renvoyer l’enfant jouer dehors avec une caresse sur la joue, et se retourner. Elle baissa ses yeux gris lorsqu’ils croisèrent son regard d'emeraude.

[list]- Tu étais censée l’avoir emmenée aux champs avec toi. Où est-elle ? [/list]La jeune femme resta silencieuse.

[list]- Où est notre fille ? Cria l’homme, en colère. Où donc l’as-tu laissée ?[/list]C’est seulement à ce moment qu’elle releva la tête, la haine brillant dans ses yeux.

[list]- Cette abomination n’est pas ma fille ! Je n’ai pas de fille ![/list]

[center]*[/center]

Ne pouvait-il comprendre ? Ils en avaient discuté des dizaines de fois. Cette enfant si répugnante n’était pas la sienne. Tout confirmait cette théorie. Elle se haïssait de l’avoir mise au monde, cette petite abomination. Les Deux avaient dû la maudire pour qu’elle accouche de pareille engeance. Son mari pinçait les lèvres, sans doute pour éviter de crier.

[list]- Elle me répugne ! Tu le sais, pourtant ! Ajouta la femme, comme prise de folie. Cette enfant ne nous ressemble pas, elle est prise de convulsions, entend des voix, voit des choses étranges alors qu’il n’y a rien, et cette ... capacité !?

- C’est un don, Selya, un don ! Pas une calamité ! Mais tu ne peux pas comprendre cela, toi qui a été élevée dans les moeurs déformées et distordues des Deux !

- Je n’ai mis au monde cette enfant que parce que les Deux ont vu ma vraie nature et ont voulu me la montrer. Je pensais avoir de la chance, Eloinder. De la chance ![/list]L'homme secoua la tête au cri quasiment hystérique de sa femme.

[list]- Tu en as. Tu en as toujours eu. Mais tu ne sais plus la voir, à présent !

- Voir quoi ? J’ai accouché d’une enfant anormale, tant par son apparence que par son esprit. Cette enfant n’est que le reflet de moi-même : une chose méprisable ! Une abomination ! J’ai osé me penser belle, chanceuse, aimée, en sécurité. Vois ! Les Deux ont puni ma témérité ![/list]L’herboriste la regarda un instant, comme s’il venait de se rendre compte qu’il avait perdu quelque chose de précieux. Mais ce regard si plein de tristesse s’effaça rapidement pour être remplacé par la colère et la pitié. Lorsqu’il ouvrit les lèvres, ce fut d’une voix douce, bien que teintée de déception et de colère, qu’il prononça sa sentence.

[list]- En effet ... Les Deux t’ont punie. Je n’aurais jamais pensé que toi tu succomberais à leurs pensées tordues. Vois ce que tu as perdu en même temps que l’estime de toi-même et ton coeur. Vis heureuse, Selya, c’est ce que je souhaite. Ta vie se fera désormais sans moi. Il fit une pause, puis ajouta : Que le Tout-Puissant te protège ...[/list]Elle le regarda empoigner une cape chaude, et sortir de son champ de vision, en même temps que de sa vie. La jeune femme regarda longuement la porte que venait de passer son mari sans pour autant réussir à réaliser ce qui venait de se passer. Lorsqu’elle réalisa enfin, les échos de ses pleurs désespérés se répercutèrent jusqu’à la bordure de la forêt.

Au soir tombant, les pleurs cessèrent peu à peu dans la maisonnette, laissant à nouveau le vent chanter. Un chant des plus sinistres.

[center]*[/center]

Les petits pieds nus de l’enfant claquaient sur les dallages de pierre froids. Entourée par deux acolytes et deux gardes, elle ne pouvait s’échapper nulle part. Les émotions qui menaçaient de la submerger étaient des plus affreuses. La nausée menaçait de prendre l’enfant à chaque fois qu’elle relâchait le contrôle sur son pouvoir. La panique n'aidait pas non plus à réfléchir correctement, et elle l'était, paniquée. Pourquoi donc sa génitrice l’avait-elle traînée vers l'endroit qui représentait le malheur personnifié ? Pourquoi donc l’avait-elle entraîné vers sa plus grande peur avec tant d'enthousiasme ?

Elle aurait dû se douter que quelque chose ne tournait pas rond. Ce jour-là, sa mère l'avait prise dans ses bras pour lui dire ô combien elle l'aimait, et combien elle était une bonne petite fille. Pour une mère qui aimait son enfant, ce geste était normal, elle l'avait bien compris ; Layric, son petit frère, avait droit à des étreintes, des mots doux, et des baisers à profusion. Toutes les autres mamans faisaient des câlins à leurs enfants. Mais envers elle, sa mère ... Le petit cœur de l'enfant saignait à chaque fois qu'elle sentait sa mère poser les yeux sur elle. Pourquoi tant de dégoût et de haine ?

Avançant dans les couloirs gigantesques du Sanctuaire, comme l’appelaient les acolytes, elle tentait de se contrôler pour ne pas succomber. Des tentures d’un rouge sang étaient tendues aux murs, tentant d’égayer un peu l’endroit sans y réussir. Et voilà qu'elle avait été livrée à des gens qui la garderaient enfermée dans la cité-temple, et l'éduqueraient pour qu'elle devienne une bonne servante de l'Oracle et des Deux. Mais elle, elle savait ce qui se tramait derrière les murs, elle l’avait senti en arrivant. Du désespoir, de la douleur, de la folie, de la colère ... Rien de bon ... Rien.

Elle avait cherché, longtemps, ce qui pouvait bien déplaire autant à sa mère. Bien sûr, elle n'avait ni les cheveux noirs de ses parents, ni les yeux gris-verts de la famille ... Avec ses cheveux blancs et ses yeux bleus, elle était singulière. Son père l'appelait pourtant "mon ange", et lui répétait toujours combien il la trouvait jolie, et combien elle avait été gâtée par le Tout-Puissant. Il ne restait plus que son comportement et son "étrange" capacité. Pourtant, elle était sage comme une image, obéissant au moindre des désirs de sa mère, qui était bien souvent qu’elle disparaisse de sa vue, mais la colère qu'elle ressentait ne diminuait jamais.

Mais cela n'avait été que lorsque son père lui avait expliqué pourquoi elle devait faire très attention à ne pas trop parler de son don et ne jamais prononcer le nom du Tout-Puissant, qu'elle avait compris. Depuis sa naissance, elle sentait les émotions des gens. Au début, cela avait été très douloureux, parce que parvenir à étouffer tous les gens pour enfin être seule en soi-même demandait de la maturité. Elle était longtemps restée prostrée chez elle, à tenter de contrôler les larmes, les rires, les cris de rage, de plaisir, et tout ce qui envahissait son corps à chaque instant. Oui, c'était cela plus que toute autre chose, accompagné par les crises inexplicables qui la prenaient de temps en temps sans prévenir, qui répugnait sa mère.

Refoulant une nouvelle fois sa nausée et ses larmes, la petite fille comprit qu’elle était perdue pour ce monde et tomberait bientôt dans les mains de l'Oracle et des Deux. Son père le lui avait répété : il ne fallait surtout pas qu'elle aille là-bas, où elle ne reviendrait ni ne serait plus jamais la même. À présent il était trop tard, et elle se sentait incapable de supporter la vie qui lui serait promise si elle restait ici.
Sortant de ses pensées, elle remarqua qu'ils étaient sortis du grand bâtiment de pierre et se dirigeaient vers de petites dépendances. Un petit jardin y était attenant. Mais même celui-ci était aussi triste que le reste du paysage ; seuls quelques pissenlits venaient égayer la pâleur de l’herbe et la maigreur des légumes qui tentaient de pousser là. Même ce jardin était une métaphore de ce qu’elle voyait se profiler devant ses yeux et qui portait le nom d’avenir.

[center]*[/center]

On l’avait pomponnée. Elle sentait le propre, portait une nouvelle tenue qui était à sa taille, ses cheveux étaient brossés et coiffés en tresse autour de son crâne. Ses yeux avaient été cernés de noir. Elle ressemblait à une miniature de servante des Deux, comme celles qu’elle avait croisées lors de son premier déplacement dans le temple.
Elle était de nouveau entourée par des Servants des deux ; un homme et une femme, avec des habits plus ouvragés que ceux des deux femmes qui l’avaient accueillie. Sortant de ses pensées tournées vers l’extérieur des murs et son père afin de ne pas voir les horreurs qui l’entouraient, elle remarqua que les personnes autour d’elle devenaient de plus en plus nerveuses. Quelque chose approchait. Les couloirs devenaient un peu plus fastueux, les tentures arboraient des broderies dorées, il y avait de plus en plus de statues. La petite fille tenta de ne pas regarder ces représentations du côté malsain de l’homme, le montrant déformé, défiguré, le mal, la souffrance, la douleur et la perversité à l’état pur. Celui qui avait fait ces statues devait être un fervent croyant des Deux.

Et soudain, ils bifurquèrent. Des tremblements incontrôlables prirent l’enfant alors que la panique la submergeait. Elle ne voulait pas aller derrière ces portes ! Surtout pas ... Un esprit puissant et hautement malsain résidait derrière ces battants menaçants, et elle ne pouvait s’empêcher d’en avoir peur. D’avoir envie d’en vomir tellement le mal résidait en cette créature. Un humain ne pouvait pas porter autant de cruauté en lui, c’était impossible. C’était forcément autre chose ... Mais elle ne voulait pas le découvrir.
Avant que les Servants ne puissent réagir, elle avait tourné les talons et détalait le long du couloir qui ramenait vers le temple.

[list]- Rattrapez-la, par les Deux ! Hurla un homme.

- L’Oracle la veut vivante, précisa une voix de femme d’un ton autoritaire.[/list]Elle courait, courait sans s’arrêter, bénissant les chaussures qu’on lui avait octroyées. La petite courut jusqu’au coeur du Temple. Ainsi, elle serait repérée moins rapidement, car seuls les plus haut placés des Servants des deux semblaient avoir accès à cette partie du Sanctuaire. Elle y resta longtemps, très longtemps. Si longtemps qu’elle finit par s’assoupir un instant, épuisée par tant de tension. Lorsqu’elle se réveilla, le soleil avait déjà dépassé son zénith. Sentant les gardes s’éloigner de sa cachette, elle s’enfonça un peu plus dans les couloirs et se dissimula dans un petit renfoncement derrière une statue.

Elle procéda ainsi plusieurs fois, à des intervalles de plusieurs heures, à chaque fois qu’elle sentait trop de gardes converger dans sa direction. Grâce à son empathie, malgré l’état dans lequel cela la mettait de l’utiliser, Miryäna put se diriger dans le labyrinthe sans se faire attraper. Ce n’est que lorsque le soir fut tombé, et que les rares lanternes sur les murs furent allumés, que l’enfant comprit qu quelque chose clochait. On aurait déjà dû la retrouver : l’Oracle voyait tout ! Alors que cette idée faisait jour dans son esprit qui était prêt à abandonner et à sortir de sa cachette, elle le sentit approcher. L’esprit malsain de la Tour.
Retenant sa respiration, et se concentrant pour se fermer aux émotions extérieures, la fillette regarda depuis sa cachette deux silhouettes s’arrêter non loin, à la lueur d’une lanterne. La jeune femme était aussi belle que repoussante, et on pouvait voir sinon sentir cette aura de confiance et de folie qui semblaient dominer chez Elle. Retenant un gémissement de frayeur, la petite fuyarde reconnut l’Oracle. Le fameux esprit biaisé. La femme qui l’accompagnait semblait fade à côté d’elle.

[list]- Nous ne l’avons toujours pas retrouvée, Oracle. Vous savez pourtant où elle se cache, je me trompe ?

- Je n’ai que faire de votre avis.

- Pardonnez-moi.[/list]Si la voix de l’une était autoritaire et dure, l’autre était d’autant plus douce qu’elle était cassante. D’un seul mot, cette femme pouvait vous résoudre à l’espoir ou au désespoir, selon son humeur.

[list]- Cessez les recherches.

- Mais n-...[/list]D’un regard, la femme soldat se tut. L’enfant remarqua les pupilles laiteuses de l’Oracle.

[list]- Je sais effectivement où cette petite se cache, j’en loue les Deux. Elle sera à nous, ce n’est qu’une question de temps.[/list]L’enfant parvint à grand peine à retenir un hurlement de terreur lorsque les pupilles sans couleur de l’Oracle se posèrent sur elle, et qu’un sourire empli de cruauté apparut sur Son visage. Elle savait !

[list]- Ils sont formels, ajouta l’Oracle. Mettez simplement sa petite tête décolorée à prix. Elle sera à nous, tôt ... ou tard.[/list]Partant d’un rire ressemblant à des trilles musicaux, mais effrayants à vous en donner des sueurs froides, elle disparut.

[center]*[/center]

La nuit était noire. L’herboriste allait souffler sa bougie lorsque des bruits désordonnés retentirent dans les fourrés. Il avait quitté le village et s’était réfugié dans sa cabane de la forêt, là où il dormait lorsqu’il faisait s a récolte de plantes mensuelle. Il n’était pas exclu qu’un renard ou un loup se ballade dans le coin, mais son habitude des bois lui avait appris à reconnaître les différents sons de la forêt. Ce n’était pas un animal, mais un humain. Et un humain mal en point à en juger de par les bruits arythmiques qu’il entendait.
Lorsqu’un poids sembla s’écrouler contre sa porte, il prit son bâton et alla ouvrir la porte. Une servante des Deux ! Il recula de quelques pas, bâton baissé. Cette engeance du démon lui avait enlevé sa fille, il ne serait pas tendre, même si elle semblait mal en point. À bien y regarder, elle semblait plutôt petite, pour une servante ... Et ses cheveux étaient ... Il attrapa sa bougie fébrilement, et éclaira la malheureuse.

[list]- Miryäna ! Mon ange ...[/list]Pleurant de joie, l’herboriste prit sa fille dans ses bras et la coucha sur le lit. L’enfant dormait déjà. Il la regarda dormir et cauchemarder, alors qu’il réfléchissait à ce qu’il venait de se passer. Personne n’échappait jamais longtemps à l’Oracle et à ses sbires. Ou, tout du moins, si on y réussissait, on était récupéré assez rapidement grâces aux récompenses promises à ceux qui captureraient les fugitifs. Miryäna était promise à ce sort.
Le désespoir vint remplacer l’espoir dans le coeur de l’homme. Même protégés par la forêt où tous semblaient redouter de mettre les pieds, sa fille, si singulière, ne vivrait jamais en paix. Avec un soupir triste, il se passa une main sur les yeux. Sa fille n’avait que sept ans ...

[center]*[/center]

Plusieurs jours passèrent avant que la petite ne reprenne connaissance. Elle remuait énormément dans son sommeil, cauchemardant sans jamais se réveiller. Ses yeux s’ouvraient sur son environnement sans le voir alors qu’elle hurlait de peur, puis elle retombait inconsciente sur le lit, des larmes coulant silencieusement de ses yeux. Que s’était-il passé à l’intérieur ? Eloinder ne pouvait pas le deviner. Il n’avait jamais approché la cité temple plus que nécessaire, mais imaginait quelles horreurs sa fille avait pu voir.
Le culte des Deux était un culte qui prônait que l’humanité était pourrie jusqu’à la moelle, et qu’en vertu de cela, une certaine égalité dans cette vie devait être observée. Résultat, tout le monde était misérable, tout le monde se dévalorisait, et les seules personnes qui étaient vraiment mauvaises s’en donnaient à coeur joie puisqu’elle avaient une excuse que même les plus hautes sphères du pouvoir ne pouvaient réfuter. Combien de fois leur village avait-il été pillé par des petits malfrats sans envergure sans que personne n’intervienne ? Tout cela le dépassait, mais par amour pour une femme, il avait tenté de passer outre. Et cela avait failli lui coûter sa petite fille, son petit ange mortel.

La fillette n’avait passé que quelques semaines dans le fief des Deux, mais elle en était déjà ressortie "abîmée". À son réveil, elle ne parlait plus, ne souriait plus. Elle restait assise, les yeux grands ouverts, frissonnante. Elle était généralement impossible à approcher du fait du maelström d’émotions qui l’entourait en permanence. C’était la peur qui dominait, mais une sorte de détermination était présente, en sourdine. Peu importe combien de fois l’herboriste allait et venait dans la petite cabane, il la trouvait toujours au même endroit. Il dut bientôt l’alimenter de force, car elle ne mangeait plus non plus, résistant tant bien que mal aux émotions non contrôlées par sa fille. Elle ne se calmait que lorsqu’il la prenait contre lui, et s’endormait, épuisée par les plantes anesthésiantes que lui administrait son père. Un sourire désarmant s’affichait alors sur ses lèvres, comme si elle venait de découvrir un trésor inestimable.

Les militaires d’Ehn’Kilath commençaient à bouger. L’Oracle avait probablement mis la tête de la petite à prix depuis quelques jours, et ils commençaient à se diriger vers la forêt. Même s’ils la craignaient, comme tous les gens sains d’esprit, ils s’éloigneraient probablement de l’unique chemin la traversant. Ils ne pouvaient pas rester là. L’homme entreprit donc pendant les deux jours suivants de reconstituer des stocks conséquents de toutes les plantes qui lui seraient utiles, de fabriquer des sacs et autres objets. Miryäna se remettait doucement ; elle se contrôlait parfaitement, et plus aucune émotion ne s’échappait d’elle. Elle avait même souri à un petit rayon de soleil qui était venu la réveiller.

Le soir du départ, elle n’avait toujours pas prononcé un mot. Elle enfila les vêtements que son père lui avait ramenés, rangea les autres dans son sac, enfila sa petite cape de prêtresse et se prépara à partir docilement. Elle glissa sa petite main froide dans celle de son père et le suivit à l’extérieur. Ils quittaient Ehn’Kilath, définitivement.
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Message  Miryäna Chelath le Ven 18 Déc - 20:30

La neige tombait doucement. Pas une personne n'aurait osé s'aventurer dehors par une nuit glaciale comme celle-ci ; excepté un ou deux chiens errants qui cherchaient probablement où passer la nuit. Les lampadaires projetaient leur douce lumière sur les pavés clairs qui disparaissaient sous la neige, créant de petits reflets irisés.
Le silence régnait sur la petite maison dans le quartier noble de la Cité des Lumières. Enveloppée d'un châle blanc, la silhouette qui se tenait à la fenêtre semblait fantomatique dans la lueur vacillante des flammes mourantes. La jeune fille contemplait cette scène si paisible avec une certaine mélancolie ; comment aurait-elle pu imaginer, il y a avait encore quelques années, qu'un tel endroit puisse exister ?

Elle avait vécu en Ehn'Kilath, où la misère était partout, sauf chez les plus haut gradés de la société, ou chez les Servants des Deux les plus hauts placés. Une telle opulence lui avait même parue exagérée et gênante. Un certain nombre d'années avaient passé depuis leur fuite d'Ehn'Kilath, et elle s'était habituée. Oui, elle était parvenue à se fondre dans le paysage, dans cette ville où les pouvoirs de tout un chacun restaient simplement une chose exceptionnelle. Exceptionnelle, mais pas dérangeante.

Prise de frissons, elle retourna s'assoir près du feu, après avoir été écouter à la porte. Non, il n'était pas encore réveillé. Elle se perdit à nouveau dans ses souvenirs, ses yeux bleus perdus quelque part devant elle.

Le voyage avait été long pour retourner à la cité d'origine de son père ; il leur avait fallu un peu moins de trois ans. Oh, si ils avaient marché en ligne droite, ne s'arrêtant que pour dormir et se restaurer, il auraient mis quatre fois moins de temps, bien sûr. Mais les provisions s'épuisaient vite, et une petite fille de sept ans ne peut pas marcher des kilomètres sans se reposer souvent. De plus, la misère d'Ehn'Kilath était telle que la moindre once de nourriture était sauvegardée pour ses propriétaires. On avait pas de quoi nourrir des voyageurs, si misérables qu'ils puissent paraitre. Sans compter que la petite semblait être une servante des Deux ; on les fuyait.
Ce ne fut que quand la petite fille aux cheveux blancs se changea que les portes commencèrent à s'ouvrir sur leur chemin. Si proche de la frontière, la peur omniprésente s'atténuait un peu chez les villageois. Et bien que les terres excentrées soient moins fertiles que celles du centre, la bonté des propriétaire dépassait largement celle des précédents villages rencontrés.
Une fois passée la frontière, ils arrivèrent sur les Terres Médianes. Cela leur avait pris plus de deux mois pour arriver jusque-là, et ils étaient à bout de force. L'herboriste décida de proposer ses services au premier village qu'ils rencontreraient, contre de la nourriture et un abri. Son idée fonctionna à merveille, et ils restèrent quelques semaines dans ce village médian.
Le schéma se reproduisit à l'identique plusieurs fois, à intervalles plus ou moins longs. Dans certains villages, ils restèrent moins de trois semaines, dans d'autres, il y passèrent plusieurs mois ; la durée dépendait du travail à fournir, et de l'ambiance générale. Ils ne restèrent que peu dans les villages trop proches de la frontière, à cause de l'avis de recherche à l'encontre de Miryäna. Plus ils avançaient vers l'Est, et plus ils se hasardaient à rester un peu plus longtemps. Et quand enfin ils rejoignirent la Cité des Lumières, plus de deux ans et six mois avaient passé.

Miryäna avait beaucoup changé pendant ce voyage. Tout d'abord, son père avait coupé ses longs cheveux et les avaient teints dans une couleur approchant la sienne. Il avait troqué des habits de petit garçon contre des services dans un des villages. Miryäna avait disparu, ne restait plus qu'Iryän, un petit garçon à la peau laiteuse contrastant avec ses cheveux noirs. Un petit garçon dont les yeux d'un bleu perçant trahissaient une étrange maturité teintée de tristesse, et qui ne prononçait que rarement un mot.
Pour toutes les personnes rencontrées au cours de leur voyage, Iryän était le fils de l'herboriste ainsi que son apprenti. Il était également la coqueluche de toutes les femmes qui le trouvaient toujours très mignon. Plusieurs fois, il eut droit à de la nourriture en plus, ou à quelques bibelots sans grande valeur qui servaient à le récompenser pour son attitude tranquille et son joli minois. Toute cette attention lui arrachait pourtant rarement un sourire.

Un mince sourire étira les lèvres de la jeune femme en repensant à son arrivée à la cité des lumières. Elle qui d'habitude était si taciturne et apathique s'était vue ouvrir les yeux tout grands d'émerveillement, pour le plus grand plaisir de son père. La ville, accrochée à la montagne était gracieuse et splendide, avec ses niveaux, ses jardins, ses passerelles, ses bâtiments majestueux ... Une vraie vision de rêve, pour elle qui avait contemplé le Temple d'Ehn'Kilath, si austère et si guerrier.

Une vrille de douleur au côté la fit grimacer. Son maître venait de se réveiller et il aurait besoin d'aide pour se rendormir. Elle se leva et se dirigea vers la réserve. Elle aurait besoin d'aubépine et de coquelicot, qui avaient des vertus sédatives, ainsi que de feuilles de chou, d'arnica et de sauge. Elle fit tout d'abord chauffer de l'eau, et monta lentement les escaliers en l'entendant dire son nom entre deux inspirations saccadées.

[list]- J'arrive, Laurence, répondit-elle avec douceur en poussant la porte de l'épaule.[/list]Il était allongé dans son lit, encore pâle et transpirant ; revenu de son voyage avec une vilaine estafilade qui avait commencé à s'infecter. Elle posa ses ustensiles et l'eau chaude sur une table, et alla chercher de l'eau fraiche pour lui éponger le front. Ainsi qu'il le lui avait appris, elle commença par faire infuser l'aubépine et le coquelicot dans l'eau chaude. Elle prépara ensuite l'emplâtre de feuilles de chou, puis ôta le bandage tâché de sang. Elle nettoya la plaie avec de l'eau chaude et appliqua la sauge dont elle avait préalablement fait sortir le jus. Il ne fallait pas que la plaire s'infecte plus ... Elle plaça ensuite le cataplasme de feuilles de chou sur la plaie, et refit un bandage neuf.
Grâce à son don, et aux grognements moins fréquents de Laurentius, elle sentit que cela allait déjà un peu mieux. Pour finir, elle lui donna à boire l'infusion - il fallait encore qu'il dorme - et appliqua la pommade à base d'arnica qui lui restait. Croisant le regard du jeune homme alors qu'il retombait dans les bras de Morphée, elle esquissa un sourire pour lui assurer que tout allait bien.

Elle quitta ensuite la chambre pour retourner dans la sienne. Le moment était enfin venu pour elle de se reposer.

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La jeune femme en robe bleue poussa la porte de la maison, un panier rempli de bonnes choses à la main. Elle revenait de courses, et ignorait si Laurence était rentré. Un rapide examen de l'endroit via son don lui donna tout de suite la réponse. Il venait tout juste de rentrer, et il était exténué.
Elle le trouva dans la cuisine, affairé à se préparer une infusion. Il semblait avoir mal à la tête. Seul un grognement répondit à sa salutation. Retenant un sourire amusé, elle entra dans la réserve pour ranger ses achats. Elle sentit son regard sur elle lorsqu'elle ressortit, accompagné de cet étrange sentiment qu'elle n'avait toujours pas réussi à identifier. Lorsqu'il détourna le regard, il emporta son infusion et s'enferma dans sa chambre.

Bien des années avaient passé depuis qu'elle était entrée au service de Laurentius. Elle se rappelait encore le regard surpris qu'il avait posé sur elle lorsque son père lui avait demandé s'il pouvait la prendre à son service. A l'époque, ses cheveux poussaient de nouveau librement, et le dégradé de blanc à noir qu'ils arboraient alors devait être des plus étranges. Sans compter qu'elle n'avait détourné son regard de celui du jeune homme que lorsqu'elle avait été sûre de son bon fond. Elle l'avait sondé d'une façon qu'il ne pouvait imaginer ; et qu'elle lui cacherait pendant un certain temps.
Il était un client régulier de la petite échoppe que son père avait développée, étant lui-même versé dans l'herboristerie ; aimant argumenter l'utilisation de telle ou telle plante, dans telle ou telle circonstance, il avait rapidement "sympathisé" avec le fils prodigue. Apprenant qu'ils avaient fui Ehn'Kilath, et étant capable de donner une certaine éducation à la petite - puisque son père avait atteint ses limites - il accepta de la prendre en charge.

Pour la première fois depuis quatre ans, elle quittait la protection de son père. Pour l'occasion, elle avait coupé ses cheveux au dessus des épaules, pour ôter la couleur noire restante, et avait reçu une nouvelle tunique, d'un bleu équivalent à celui de ses yeux. Elle avait également convenu avec son père de cacher certains morceaux de son histoire à son bienfaiteur. Moins il en saurait, plus en sécurité il serait. Lançant un dernier regard à son père, elle se détourna et suivit le jeune homme jusque chez lui, le jour où il vint la chercher.

Lorsqu'il lui avait montré sa chambre, elle était restée un moment interdite. Pourquoi une servante méritait-elle un si grand endroit ? Comparé à ses précédents habitats, elle était spacieuse et même très confortable. Un lit, un coffre, un petit meuble avec une cuvette et une cruche pour se laver le visage le matin. Et une petite fenêtre donnant sur un petit jardin entouré par quatre grands murs de pierre. Il lui avait également montré tout le reste de la maison, excepté une pièce. Elle avait le droit de déambuler partout, sauf dans le bureau de Laurentius. Qu'il soit là ou non, seul ou non, il lui était interdit d'y entrer.

Ils avaient ensuite déjeuné dans le silence. Miryäna n'était toujours pas sortie de son mutisme partiel, et n'était pas non plus un modèle de joie de vivre ; il était normal qu'ils soient tous deux un peu déstabilisés. Voyant son trouble, et ne sachant comment remédier au sien, le jeune Laurentius s'était contenté de l'observer un moment. Et soudain, il s'était mis à fouiller dans une de ses poches pour en sortir un petit oiseau en métal. La fillette avait alors relevé des yeux teintés de curiosité vers lui, et il l'avait remonté en disant d'une voix calme et douce.

[list]- C'est un Rouage ... regarde.[/list]L'oiseau avait alors décollé de sa main, à la grande surprise de l'enfant. Un "oh" surpris et silencieux était apparu sur ses lèvres. Elle l'avait regardé faire quelques cabrioles avant de retomber dans la main de son jeune maître. Un sourire s'était alors épanoui sur les lèvres de la petite et un rire musical s'en était échappé. Laurentius avait alors souri, lui aussi, à la vue du petit visage éclairé par un sourire.

Ainsi avait commencé sa vie, oui. Mais elle n'aurait pas pu imaginer quelle vie elle allait devoir mener.

Au départ, elle s'occupait des tâches ménagères - bien que la maison soit très propre - et du jardin où elle apprit que Laurentius faisait lui-même pousser certaines plantes médicinales. Laurentius lui apprenait à lire et à écrire dans ses moments de liberté, en sus des cours d'herboristerie. Elle avait également appris à se défendre seule, à sa demande expresse. Elle allait rendre visite à son père lorsqu'il avait besoin d'aide, ce qui laissait à son jeune maître un peu d'intimité.
Lorsqu'elle était devenue une jeune femme, Laurentius était parti pour son premier voyage. Il lui avait expliqué à ce moment qu'elle était désormais assez grande pour qu'il puisse la laisser plusieurs jours seule. A son retour, elle avait été obligée de lui donner les soins qu'il ne pouvait se donner lui-même ; une fois remis, il avait pris en charge ses propres soins, pour être sûr de se remettre correctement, l'avait-il taquinée.

Mais à partir de ce premier voyage, son attitude avait changé envers elle. Il la laissait plus libre, comme si cela n'avait plus d'importance qu'elle travaille réellement pour lui, et qu'elle pouvait se contenter de partager sa vie. Pas comme sa compagne, mais comme une sorte de présence connue et non désagréable. Autre détail, une étrange sensation le prenait de temps en temps, quand il la regardait - une sorte d'envie. Elle avait déjà ressenti cette sensation à plusieurs reprises chez différentes personnes, dans différents endroits, mais elle ne pouvait comprendre sa signification. Restait que cela l'intriguait, mais elle ne pouvait le questionner sur ce fait sans lui avouer son petit secret. Le moment n'était pas venu.

La vie avait continué son cours, entre voyages et périodes en ville. Miryäna alternait entre son nouveau foyer et la boutique de son père qui prospérait ; Laurentius lui avait permis de l'aider de temps à autres, lorsqu'elle n'avait rien d'autres à faire.
Elle aimait assez cette vie, partagée entre Laurence et son père. Ayant une connaissance intime des deux hommes, elle était à même d'apprécier leur bonté d'âme. Et pourtant, ils avaient tous deux leur part d'ombre. Spécialement Laurentius.

Miryäna sentait le mensonge planer autour de lui. Elle ne lui posait jamais de questions sur son travail car cela lui avait été interdit, mais elle sentait qu'il se tramait des choses dont elle n'était pas censée avoir conscience. Ne souhaitant pas trop se faire remarquer, elle n'avait jamais cessé de feindre l'ignorance, et cet état de fait lui allait très bien. Mais le temps était venu. Elle ne pouvait décemment le lui cacher plus longtemps.

Laurentius avait le droit de savoir la vérité sur celle qu'il avait accepté de protéger. Il avait le droit de savoir qu'elle était recherchée par Ehn'Kilath, ses plus féroces ennemis. Il avait le droit de savoir qu'à chaque seconde, son intimité pouvait être violée de la plus simple des façons.

[i]Tout-Puissant ... Doter les mortels de pouvoirs qui les dépassent ... n'apporte pas toujours que du bon.[/i]


Dernière édition par Miryäna Chelath le Mer 23 Déc - 15:43, édité 1 fois
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Message  Miryäna Chelath le Mar 22 Déc - 20:56

Ma fiche est maintenant terminée. (comment ça,"enfin !" ?)

J'espère que cela conviendra Smile
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Message  Laurentius Lamberski le Mar 22 Déc - 22:47

Et je tiens à préciser qu'elle a mon accord (non mais quand même, faut préciser hein)
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Message  Divinité le Mer 30 Déc - 17:21

Même Divinité prend parfois des vacances, désolée pour ce petit retard de validation, et bienvenue à toi, Miryäna.
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